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Rétention, productivité, engagement  : les effets domino du manque d’évolution 

Carrière

  3 mins

 

Évolution de carrière et opportunités internes pour fidéliser les salariés

Selon l'étude People at Work 2025 d'ADP Research menée auprès de 38 000 travailleurs dans 34 pays, le manque d'opportunités d'évolution constitue le premier frein à la progression de carrière. Une frustration qui pousse 34 % des salariés concernés à chercher activement un nouvel emploi, menaçant directement la rétention des talents.

Le manque d'opportunités, obstacle avéré

Lorsqu'on interroge les salariés sur les principaux freins à leur évolution professionnelle, leur réponse est sans appel et 19 % citent le manque d'opportunités comme obstacle principal. Plus révélateur encore, 15 % des travailleurs sont convaincus de devoir quitter leur employeur actuel pour faire progresser leur carrière. En France, 20 % des travailleurs pointent du doigt l'absence d'opportunités internes, et cette problématique est aussi aiguë en Amérique latine (25 %), en Europe (17 %) et en Asie-Pacifique (16 %).  

Information surprenante, seulement 6 % des participants identifient le manque de compétences comme principal obstacle à la progression, alors que seuls 24 % se disent convaincus de posséder les compétences nécessaires pour accéder au niveau supérieur. Ce paradoxe suggère que les salariés considèrent leurs compétences comme secondaires dès lors qu'ils ne perçoivent aucune perspective concrète.

Ambitions contrariées = turnover marqué

Les conséquences sur la fidélisation des salariés sont considérables. 34 % des salariés qui estiment ne pas avoir d'opportunités d'évolution cherchent activement un nouveau poste, contre seulement 6 % parmi ceux qui perçoivent des possibilités de progression. Ce qui impacte également la productivité, car les travailleurs convaincus de devoir changer d'employeur pour progresser sont 2,6 fois moins susceptibles de s'évaluer comme très productifs.

Autre constat, l'âge constitue un facteur aggravant. Plus de 20 % des salariés de plus de 40 ans citent le manque d'opportunités comme principal obstacle, contre 14 % chez les moins de 27 ans. Ainsi, 75 % des salariés quittent leur emploi sans avoir jamais été promus et seulement 3,8 % acquièrent de nouvelles compétences durant leurs deux premières années.

L'évolution de carrière, premier levier de fidélisation

Pour les salariés ambitieux, disposer d'opportunités de progression constitue le facteur de fidélisation le plus important, surpassant les horaires flexibles (45 % contre 36 %), la formation professionnelle (34 %), ou les primes (33 %).

Les salariés qui pensent que leur employeur investit dans leurs compétences affichent un taux de « promotion » de 54 %, contre 34 % pour les autres. Ils sont également six fois plus susceptibles de recommander leur entreprise et deux fois moins enclins à démissionner. La solution passe sans doute par une communication sur les possibilités d'évolution (verticales comme horizontales), et par des investissements concrets dans le développement des compétences. Car l(étude démontre que de nombreux salariés pensent manquer d'opportunités alors qu’en réalité ils ne voient ni n’ont accès à celles qui existent.  

Aux employeurs de les rendre visibles et accessibles.
 

À la loupe

Chaque semaine, « À la loupe » fait le tri dans la masse d'études et de données disponibles pour vous livrer l'essentiel : des analyses pointues et actuelles sur les grandes tendances de l'emploi et du monde du travail. À partir de sources fiables et de chiffres robustes, l’article synthétise enquêtes, études et projections prospectives pour décrypter les évolutions des compétences, des secteurs, des métiers et des grandes transformations de la société.

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